Plus de 20 siècles d’histoire

Comment narrer l’histoire de Saint-Erme Outre et Ramecourt si ce n’est en citant des extraits de livres, où est la vérité en histoire.

Contentons nous humblement d’écrits sans les interpréter car ils peuvent parfois se contredire.

Carte de Cassini.
Les levées ont été effectuées entre 1756 et 1789, les 181 feuilles composant la carte ont été publiées entre 1756 et 1815.

 

Selon Maximilien MELLEVILLE dans son "Dictionnaire historique du département de l’AISNE".

ERME(ST-), Sanctus Ermetus(12esiècle) ou Erminus, Sanctus Hermesen 1147 ; autrefois ERCRI, HERCRI en 1132 ; ECCRI en 1146 ; ESCRI en 1220 : Erchiriacus en 877 ; Ercliacus Sancti Erminien 1194 ; ERCLI vicus pagi Laudumensis, Erciacusen 1178 ; Ercreimen 1223.

  • Village de l’ancien Laonnois, bâti dans une situation heureuse sur le penchant d’une colline et sur la vieille chaussée gauloise de Laon à Rethel par les plateaux, à 25 k. à l’est de Laon, autrefois de l’intendance de Soissons, des baillages, élection et diocèse de Laon, aujourd’hui du canton de Sissonne, arrond. de Laon, diocèse de Soissons.
  • Patron, St-Erme.
  • : vers 1260, 70 feux ; 1760, 200 feux ; 1800, 1478 h. ; 1836, 1829 h. ;1856, 1754 h. ;1861, 1693 h.
  • Dépend. : Outre-Ramecourt (H.) ; la Maison-Bleue, la Bonne-Volonté (I.) ; la Besace, le Moulin d’en-Haut, Sans-Soins, les Hauts-Corêts, Risque-Tout, le Choléra (moul.)

            Ce village est fort ancien. Placé sur la chaussée gauloise qui conduisait jadis de Laon à Rethel, il se nommait d’abord Ercriou Ercli, ce qui l’a fait souvent confondre avec le village d’Ercli-sur-Aisne. Au 8esiècle, Ercli appartenait à Saint Erme, abbé de Lobbes, qui y était né, et qui le donna en mourant, en l’année 737, aux moines de son abbaye. Peu après, ceux-ci y établirent une prévôté qui fut plus tard changée en prieuré et devint, en 1573, la propriété de l’abbaye de St-Remy de Reims, qui donna en échange le prieuré d’Houdain. A la fin du 11esiècle, Liezo, prévôt d’Ercli, voulant réparer les dommages causés à ce lieu par les seigneurs de Montaigu, obtint des moines de Lobbes d’y transporter les reliques de St Erme. Dès-lors le nom de ce saint remplaça insensiblement celui d’Ercli, et finit par le faire tomber en désuétude.

  • Avant l’établissement du village de St-Thomas, le camp du Viel-Laonétait du terroir de St-Erme : nous renvoyons à l’article Camp de St-Thomas pour les évènements dont il fut le théâtre.
  • En 871, Charles-le-Chauve donna la dîme d’Ercli à l’abbaye de St-Corneil de Compiègne.
  • En 1194, Guerric, abbé de Lobbes, et Robert de Pierrepont, affranchirent les habitants de Saint-Erme avec ceux d’Outre et Ramecourt en leur accordant la charte de Laon, sous la seule condition de payer une rente annuelle de 40 liv. de Reims aux seigneurs de Pierrepont, avoués de St-Erme.
  • Ce village possédait jadis une maladrerie, dont les revenus s’élevaient à 100 livr. en 1648. Indépendamment de Saint-Erme, ce village est encore la patrie d’Aélide, abbesse de Morienval, morte en 1323, et de Jean Aubert, principal du collège de Laon à Paris, helléniste et traducteur distingué du 17esiècle.

Seigneurs de St-Erme, relevant de Montaigu.

  1. Blihart d’Ercri.
  2. Etienne d’Ercri.
  3. Foulques d’Ercri, frère de Raoul, vidame de Laon ; femmes : 1e Clémence ; 2e Oda ; enfants : Raoul, dit le Clerc, Fulcon, Jean, seig. De Bucy-lés-Pierrepont ; Blihard, Robert, Gautier.
  4. Raoul d’Ercri.
  5. Jean d’Ercri ; femme, Oda ; enfants : Barthèlemi, Jean, Blihard, chanoine de Reims : Broda, Berthe.
  6. Barthèlemi d’Ercri.
  7. Raoul II, d’Ercri.
  8. Guy d’Ercri.

1221-74. Gérad, seig. D’Ercri ; femme ; Félicité dite comtesse ; enfants : Elizabeth, Raoul.

  1. Raoul d’Ercri, écuyer.
  2. Henri de Hans, seigneur de St-Erme.
  3. Claude de Bossut, baron de Sains, seigneur dudit.
  4. Guillaume de Grandpré, seigneur dudit.
  5. Claude II de Bossut, seign. dud., abbé de St-Crépin.
  6. Guillaume Egon Langraux, prince de Furstemberg, abbé de St-Remi de Reims, seign. de St-Erme et Ramecourt.
  7. Charles-François de Miremont, seign. de St-Erme, etc. (Voyez Berrieux).

OUTRE, Ultra Achiviamen 1143, Ultra Axonam en 1146, Ultrum en 1202. Hameau dépendant de St-Erme. C’était jadis une paroisse séparée sous le vocable de St Gauger. Les habitants furent établis en commune en 1196, avec ceux de St-Erme et Goudelancourt, par l’abbé de Lobbes (V. St-Erme).

Nous ne connaissons qu’un seul des anciens seig. d’Outre ; il se nommait Boson et vivait en 1150.

RAMECOURT, RAMECURT en 1194.

-Hameau dépendant de St-Erme. Il formait autrefois une paroisse séparée sous le vocable de St Théodulphe. En 1196 les habitants de Ramecourt furent établis en une seule et même commune avec ceux d’Outre et St-Erme (Voyez ce mot). C’était d’ailleurs un fief dont quelques seigneurs nous sont connus.

  1. Jean de Ramecourt, écuyer.

Brève note relative au village d’HERLY/SAINT-ERME par André BAUDOUX dans "SAINT-ERME Pontif Abbé et Erudit"

DENOMINATION

            Latin : Ercliacum

            Français : Herly puis Saint-Ermin (XIIéme siècle), puis Saint-Erme. (Dans les manuscrits on ne trouve pas d’écriture en ERCRI)

            - Dans les manuscrits de l’abbaye de Lobbes, écrits en latin, on trouve par exemple, en 864,           Ercliacus et, en 869 dans le polyptique de Jean évêque de Cambrai :

            … "In pago Laudumensil Ercliacus appenditiis ejus ultro et rammecurt "…

            (Traduction :…"Dans le pays de Laon, Saint-Erme avec ses dépendances Outre et Ramecourt"…    - De même, dans le cartulaire de Vauclerc (1176), le village est dénommé Ercliacum.

            - En français on obtient toujours la traduction Herly.

            (Herl=seigneur en langue germanique et y=pays)

            - A partir du XIIéme siècle, probablement quelques temps après la translation de 1104, Herly commence à s’appeler Saint-Ermin puis Saint-Erme.

D’après les Tomes I de 1984 et II de 1985 de Jean-Yves SUREAU "SAINT-ERME OUTRE et RAMECOURT"

 

La charte de commune.

En 1194, Guerric, abbé de Saint-Pierre de Lobbes, avec le consentement de la comtesse de Roucy, de Noble Robert de PIERREPONT et son épouse, accorde aux habitants de Saint-Erme Outre et Ramecourt une charte de Commune.

Cette institution de paix, copiée sur celle de Montaigu, était calquée sur la charte de Laon qui servit à de nombreux modèles.

Bien que notre commune n’était pas à la "Loi de Beaumont", on trouve un point commun avec celle-ci. En effet, la Charte-mère se caractérisait par la croix dressée sur la place du village : croix de justice ou "Croix de Beaumont", c’est devant elle que se rendaient les jugements. (Croix située sur la place de la Mairie, à l’origine elle était au milieu de la place)

Cette institution de paix, était une transaction destinée à réglementer l’exercice de la justice donné aux maires, échevins et habitants du lieu. Elle réglait également la police en réservant aux seigneurs le droit de la modifier à leur gré. Bien entendu, les seigneurs conservaient leur justice, leurs droits, revenus des ventes, corvées, etc…

Ce code moral, dans une société encore sauvage où la violence dominait la vie quotidienne, s’imposait aux habitants de Saint-Erme Outre et Ramecourt et dépendances, ainsi qu’aux sujets appartenant à l’abbaye de Lobbes demeurant à Berrieux et Goudelancourt.

Dans la déclaration du 7 septembre 1464 il est précisé que la justice est rendue, par les maires et échevins, aux jours de St Martin (11 novembre), St Remy (1er octobre) et au jour de St Etienne (26 décembre). Le 30 octobre 1530 un traité, entre le seigneur de Montaigu et les habitants de St Erme Outre et Ramecourt, fut conclu au sujet de la haute et moyenne justice.

À noter : En 1994 la commune de St Erme Outre et Ramecourt a commémoré le 800ème anniversaire de la charte en inaugurant une pierre gravée à ce sujet et dressée sur la place de la mairie.

Quittons le Moyen Age et découvrons la famille de PROISY à Saint Erme.

Au même titre que la plupart des seigneurs, les de Proisy avaient dans l’église de St Erme, une chapelle seigneuriale qui leur servait de sépulture.

            Sont ainsi enterrés dans la chapelle de la Vierge de l’église de St Erme :

            - Jean de Proisy                                1617 – 9 mai 1680

            - François de Proisy                         1680 – 1696

            - Marie-Catherine de Proisy            1682 - 1761

            - Jean Etienne de Proisy                   1683 – 1691

            - Louis François de Proisy               1687 – 1690

            - Marie-Françoise de Proisy            1688 – 1773

            - Magdeleine de Proisy                    1689 – 1762

            - Françoise Thérése de Proisy         1691 – 1700

            - Jean Charles de Proisy                   1698 – 1700

            - Marie-Louise Aussenac épouse de Alphonse de Proisy 1712 – 12 février 1754

            Les seigneurs de Proisy occupaient ce que l’on appelait alors le château.

Carte extraite de l’Atlas Terrier de 1765 – parcelle n°11  aux demoiselles de Proisy de 119 verges ¼.

Ensuite Saint-Erme, comme la plupart des villages de France, n’a fait que subir la Révolution sans y participer vraiment, désormais, il fallut se rendre à Sissonne, auprès du juge de paix, pour régler les litiges.

Le choléra

En 1832, Saint-Erme eut à subir l’épidémie de choléra dont la première victime fut le couvreur d’un moulin nouvellement bâti qu’on appele depuis, pour cette raison : le choléra ; il mourut à la Maison Bleue, où l’on n’avait pas craint de le recevoir. Il y eut 104 décès sur environ 800 habitants.

1914 - 1918

Le 13 mars 1917 ordre avait été donné par les Allemands d’évacuer la commune de Saint-Erme Outre et Ramecourt.

Ce sera surtout Outre qui subira le plus de dommages.

La commune paiera un tribut du sang de 35 hommes et 7 victimes civiles. La commune sera décorée de la Croix de Guerre le 27 mars 1922.

A la dernière Guerre mondiale Saint-Erme Outre et Ramecourt laissera 4 victimes dont 1 en Indochine puis 2 lors de la guerre d’Indochine.

A proximité du cimetière civil de Saint-Erme, existe un cimetière militaire du Commonwealth où sont enterrés 76 victimes de la première guerre mondiale et 8 aviateurs d’un bombardier tombé sur le terroir de Saint-Erme à la deuxième guerre mondiale.


Création AML

La Communauté de Notre-Dame

Le couvent a été fondé en 1820 par le curé de Saint-Erme, Nicolas Chrétien, qui se préoccupe de l’éducation des fillettes de la paroisse et des environs.

Les statuts approuvés en 1826 par l’évêque de Soissons ont été ratifiés le 22 avril 1827 par l’ordonnance royale de Charles X.

Après avoir occupé (1) le petit château donné par M de Hédouville en 1824 la Congrégation fera édifier en 1875 l’immense bâtisse qui domine Saint-Erme.

En 1914 le couvent servira d’hôpital aux allemands qui occupent le village.

Il sera aussi occupé par les allemands pendant la guerre 40. Un militaire montait la garde dans une guérite à droite de la porte principale. Les sœurs avaient trouvé refuge dans une maison sur la place de la mairie et y resteront jusqu’à la libération en août 1944. Avec le départ des allemands, elles rentreront au couvent, alors qu’un hôpital ouvert par les français (Forces Françaises de l’intérieure de Saint-Erme) accueillera les blessés pendant quelques semaines.

Il gardera ensuite sa vocation religieuse jusqu’en 1974.

Après avoir abrité une secte il sera remis en vente en 2006. Il est actuellement le siège du PAF.

(1) Une misérable chaumière au voisinage de l’église.
(2) Un ancien corps de ferme vendu par M Becret.

L’écusson de Saint-Erme

Il a été réalisé d’après un dessin de Monsieur Kontomichos, inspiré d’une sculpture se trouvant sur un des chapiteaux de pilier dans l’église de Saint-Erme.

Les Églises

Trois clochers que les habitants refusèrent d’abattre en 1789.

L’église de Saint-Erme vers 1851, dessin de Jean-Pierre Deffry

Saint-Erme sous le vocable de Saint-Erme, elle comporte deux colonnettes romanes encastrées dans le mur de la nef qui datent des XIe-XIIsiècle, classées aux monuments historiques, inscription par arrêté du 3 juin 1932. Elle comporte aussi des fonts baptismaux du XIIsiècle, en pierre taillée dans un magnifique chapiteau (d’origine inconnue), sculpture classée au titre d’objet. (Source monuments historiques)

L’Église de Ramecourt vers 1851, dessin de Jean-Pierre Deffry

Ramecourt sous le vocable de Saint-Théodulphe, remaniée et agrandie vers 1880.

L’Église d’Outre vers 1851, dessin de Jean-Pierre Deffry

Outre sous le vocable de Saint-Géry ; en 1835 l’église a brulé, il n’en restait que les quatre murs et fut rebâtie.